Black Star Riders

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    Phil
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    Black Star Riders

    Message par Phil le 3/8/2017, 01:59



    Entamer l'écoute d'un album qui aurait pu porter le nom de "Thin Lizzy"
    ne fut pas facile, en ce qui me concerne, tant la charge émotionnelle
    fut lourde à porter d'une part et d'autre part, je ne pouvais me
    résoudre à être déçu par rapport à cet album que j'attends depuis si
    longtemps même si ce dernier porte le sceau "Black Star Riders". Thin
    Lizzy est un groupe, qui, je le reconnais m'a accompagné durant ces
    trente dernières années tant musicalement que dans d'autres
    compartiments de ma vie et fut en quelque sorte le tremplin d'autres
    découvertes musicales parce que Phil Lynott était un génie d'éclectisme
    et un personnage à part dans le monde de la Musique. Je voulais préciser
    que je ne m'étais toujours pas remis de sa disparition.

    Remettons donc les choses dans l'ordre. Les Black Star Riders sont donc un COMBO
    composé de Scott Gorham à la guitare, Ricky Warwick au chant et à la
    guitare, Marco Mendoza (basse et chant), Damon Johnson à la guitare et
    au chant et Jimmy Degrasso (batterie) qui a abandonné la bannière "Thin
    Lizzy" pour s'affubler d'un nom, somme toute, ridicule.

    Mais bon, passons donc au titre à titre :

    All Hell Breaks Loose : d'entrée de jeu, il convient de toute évidence de
    calquer ce titre sur une ambiance lizzienne à la fois dans le rythme
    percutant et la tonalité vocale de Ricky Warwick qui n'est certes pas
    aussi chaude voire même tropicale que celle d'un Lynott. On y retrouve
    en termes de chant un côté Beat Of The Drum un B-side d'un titre solo de
    Lynott qui figurait sur le single Old Town. 5/5

    Bound For Glory : le single accrocheur par excellence, est pompé sur le Guilty Of Love de
    Whitesnake qui lui-même, fut pompé sur des twin guitars lizziennes. De
    fait, l'honneur est sauf pour les Black Star Riders. Un prêté pour un
    rendu en quelque sorte. Il y aurait également dans ce morceau un p'tit
    quèque chose de Waiting For An Alibi matiné d'un p'tit Get Out Of Here
    que cela ne me surprendrait pas. Un brillant solo comme savait le faire
    le duo légendaire Robertson et Gorham vient compléter ce superbe
    morceau. 4/5

    Kingdom Of The Lost : après une magnifique intro
    celtique sur un rythme à la Beat Of The Drum, le morceau s'oriente vers
    une calvacade celtique et épique de la plus belle des façons (ça sent le
    vibrant hommage au grand Phil, lui qui était passionné par les légendes
    irlandaises, en particulier le héros mythique Cuchulain). Le tout est
    chapeauté par un superbe chant de Warwick. Ce mec me surprend de plus en
    plus agréablement. LE MORCEAU DE L'ALBUM. 5/5.

    Bloodshot : un morceau particulièrement bien enlevé peut-être plus conventionnel mais
    qui se veut être respectueux d'une certaine mélodie : 4/5

    Kissin' Ground : un rythme carré et pachydermique : telle est la ligne
    directrice de ce titre un peu banal, à mon goût et qui n'accroche son
    auditeur guère plus que ça. Attention, cela reste tout de même de très
    haute volée en termes de composition. 3/5

    Hey Judas : intro acoustique débouchant une nouvelle fois sur un tempo lizzien très enlevé
    sur un phrasé très "lynottien" de la part d'un Warwick transcendé.
    Encore un côté Waiting For The Alibi en termes de rythme. Damon Johnson,
    fan de Thin Lizzy, depuis toujours, nous gratifie ici d'un superbe
    solo, faisant de ce titre un moment fort de cet album. 5/5

    Hoodoo Voodoo : un riff lancinant à la Sha La La se veut être la clé de voûte
    de Hoodoo Voodoo, une chanson qui peu à peu, envoûte son auditeur le
    tout accompagné par un Jimmy Degrasso en pleine forme. 4/5

    Valley Of The Stones : On change de registre car l'on évolue vers un morceau
    bien burné après une intro guitaristique à la Helter Skelter mitonné
    vers quelque chose qui aurait pu dévier brièvement vers un Train Kept A
    Rollin' pour retrouver de temps à autre quelques sonorités lizziennes.
    4/5

    Someday Salvation : une ambiance que l'on pourrait assimiler
    à celle d'un Dancing In The Moonlight en plus dépouillé et en moins
    inspiré. C'est léger et ça s'écoute bien. 3/5

    Before The War : On croirait entendre Gary Moore sur ce titre au rythme syncopé à la
    Military Man le tout dans une atmosphère After The War (cet album étant
    le plus faible de la période hard du sieur Moore). Un bon titre qui n'a
    sans doute pas la saveur de son glorieux aîné, je pense bien évidemment à
    Military Man. Ceci dit, le groupe, soucieux d'observer et de respecter
    une certaine ligne mélodique nous délivre ici une superbe prestation.
    3/5

    Blues Ain't So Bad : un titre aérien mid-tempo après ce déluge de décibels jusqu'ici. C'est sympa, voilà. 2.5/5

    Right To Be Wrong : un titre bien rentre-dedans assez convenu conclut ce superbe album. 3.5/5

    Bilan
    général : de toute évidence, All Hell Breaks Loose a comblé toutes mes
    attentes car outre le fait que le groupe respecte et défende
    scrupuleusement l'identité musicale de son glorieux aîné, qui lorgnerait
    davantage vers un Black Rose, celui-ci a résolument modernisé le son
    Lizzy en en créant un qui lui est personnel. J'aime cet album auquel
    j'attribuerai la note de 17/20 pour cette prise de risque et cette
    fidélité à cet héritage qui est tout sauf un fardeau pour notre ami
    Scott Gorham.

    Finalement, ça valait le coup d'attendre 30 ans.





    Depuis All Breaks Loose, il y a du changement au niveau du line up puisque notre ami Marco Mendoza a pris la poudre d'escampette pour d'autres aventures. Cet album, je le kiffe grave comme le premier. En effet, il contient son lot de pépites estampillées "Thin Lizzy". Eh oui, ça va lorgner tantôt vers des refrains très accrocheurs comme sur The Killer Instinct et Finest Hour tantôt vers des tempos plus syncopés comme Soldierstown qui fait irrémédiablement penser à Kingdom Of The Lost issu du premier opus. Une sorte de cavalcade orchestrée par un groupe qui, au "Phil" du temps, prend davantage d'envergure et ce, grâce à un Ricky Warwick qui chante encore mieux en calant beaucoup mieux sa voix sur des morceaux qui ne sont pas toujours simples au premier abord. Il y a un côté Dancing In The Moonlight dans Charlie I Gotta Go, un morceau léger qui démarre sur un riff lancinant. Blindsided, superbe morceau acoustique teinté de temps à autre de riffs efficaces, calme un tant soit peu peu les esprits et nous montre à quel point aussi, le groupe souhaite s'éloigner du carcan Lizzy en proposant des titres beaucoup plus dépouillés. Guitares aériennes, voix enjôleuse et mid-tempo procurent à ce morceau une dimension envoûtante et captivante. Un des morceaux-clefs de cet album. Le riff conducteur de Through The Motions, très proche de Hoodoo Voodoo nous propose un débit vocal incroyablement important un peu comme le faisait un Lynott sur notamment The Boys Are Back In Town. J'aime beaucoup le bridge de Through The Motions qui débouche sur un solo très robertsonien délivré par un Gorham en pleine forme.

    On repart sur l'affriolant et groovy Sex, Guns & Gasoline qui nous démontre à quel point Warwick a progressé en termes de chant et puis l'ami Gorham vient nous asséner le solo final en pleine face. Démarrage à la Massacre pour Turn In Your Arms qui d'un seul coup dévie vers un rythme saccadé. On sent dans ce morceau la confrontation entre ce qui s'est fait dans le passé et ce vers quoi tend le groupe : une musique plus carrée (merci Monsieur De Grasso) orchestrée de main de maître par les sieurs Johnson et Gorham. You Little Liar long de plus de 7 minutes vient conclure de superbe façon cet opus et ce, grâce à une étonnante performante vocale de Warwick sur le refrain accrocheur à souhait.

    Les versions acoustiques figurant sur le CD bonus de Blindsided, The Killer Instinct, Finest Hour et Charlie I Gotta Go n'apportent pas grand chose. Cela reste du bonus très acceptable.


    Pour faire court, The Killer Instinct constitue par conséquent un excellent follow up au magistral premier opus All Hell Breaks Loose et je recommande vivement à ceux et celles qui l'avaient apprécié de faire l'acquisition de ce 2ème effort.









    Au départ de cette aventure, beaucoup ne donnaient pas cher de ce groupe qui, de tout évidence, était perçu comme du sous-Thin Lizzy. "Ils feront peut-être un 2ème album puis peut-être un DVD live pour "payer (comme on dit trivialement) les pensions alimentaires" et puis rideau quoi........

    Un premier album intitulé All Hell Breaks Loose, produit par Kevin "Caveman" Shirley vit donc le jour en 2013 encore très marqué et très estampillé "Thin Lizzy" et ce, par le biais de titres vraiment chouettes comme Kingdom Of The Lost (qui avait un côté Black Rose), Valley Of The Stones, All Hell Breaks Loose, un album qui, pour moi, représentait ce qu'un Thin Lizzy aurait pu produire sans le monumental et regretté Phil Lynott qui restera pour moi, l'artiste ultime dans la musique rock. "Allons, allons, tu t'emportes et tu t'égares, mon bon Phil !!!!!!" La tournée passera par un Trabendo bien garni (concert d'ailleurs qui devait avoir lieu à une date antérieure), la setlist bien évidemment mixant des titres du répertoire de Lizzy à ceux de ce premier album véritablement réussi. La tournée terminée, tout le monde a cru que Thin Lizzy reprendrait du service définitivement et que l'aventure BSR serait donc à mettre aux oubliettes.

    Deux ans plus tard, même si le volubile Marco Mendoza ne fait plus partie du groupe, est annoncée la parution d'un deuxième opus The Killer Instinct tout aussi réussi que le premier, lui aussi et ce, grâce à des morceaux très inspirés comme ce superbe titre acoustique Blindsided, le morceau-titre, Bullet Blues, Charlie I Gotta Go, Soldierstown mais aussi You Little Liar. Impeccablement produit par Nick Raskulinecz, The Killer Instinct met en exergue le fait que le quintet est encore un peu prisonnier de son héritage lizzien mais en même temps, le combo se tourne vers des titres plus spontanés comme Sex, Guns & Gasoline. On y retrouve tout au long de ces compositions accrocheuses le petit solo racé qui fait la différence et puis, il y a ce chant troublant de Ricky Warwick, très "lynottien", qui perturbe et qui rassure à la fois car nous n'avons pas pris "rendez-vous en terre inconnue". Il y a pourtant un fait qui s'avère être évident : le groupe progresse. Pas seulement le groupe mais aussi un seul homme à savoir Damon Johnson qui va participer à la composition de 9 morceaux sur 10 sur l'album suivant.

    Progresse tellement vite que le son du quintet s'épaissit et surtout se démarque du son Thin Lizzy, dernier aspect qui leur avait été reproché sur les deux premiers albums. J'en veux pour preuve l'étonnant morceau-titre qui ouvre le bal. Un titre percutant, puissant et lancinant à la fois (écoutez la partie lancinante, on pourrait entendre brièvement du Sabbath) titre mis également en valeur par l'impeccable production du sieur Raskulinecz. La petite rupture du milieu du morceau que certains "spécialistes" s'accorderont à appeler un "bridge" (n'ayez crainte, je n'ai pas de dent contre eux) définit clairement les intentions du groupe : se démarquer au possible du son Lizzy (sauf peut-être les sirènes des pompiers qui,sans doute, sont censés faire un clin d'oeil à Jailbreak de Lizzy).

    On poursuit avec un morceau très simple dans sa conception pour le moins pétillant et très rythmé ayant pour nom When The Night Comes In. Jimmy De Grasso lui en veut à son kit de batterie tant celui-ci est martyrisé par sa frappe de "bucheron canadien". Un titre bien agréable qui vous donne du peps lorsque vous vous brossez les dents (tiens encore une histoire de "dents") le matin devant votre glace en répétant inlassablement "When The Night Comes In" et qui s'achève sur des choeurs féminins sympas mais pas inoubliables non plus. On n'a pas Sam Brown dans les rangs, n'est-ce pas ?

    Warwick sur Dancing With The Wrong Girl reprend ses accents lynottiens. Un titre au refrain absolument imparable avec ce petit riff qui vous emmène jusqu'au terme de ce morceau attachant, frais, certes très lizzien (même s'ils veulent s'en démarquer, certaines influences restent). On ne va quand même pas sans cesse leur reprocher, non ?

    Who Rides The Tiger, syncopé et rapide à la fois, nous cloue sur place et ce, grâce à un refrain simple mais accrocheur. Warwick chante particulièrement bien tandis que la section rythmique fait penser à un véritable rouleau compresseur épaulée par deux soli absolument énormes de la part de nos deux six-cordistes Damon Johnson et Scott Gorham. Ces deux-là, il ne faut pas les séparer car sans vouloir effectuer de comparaison hâtive, on retrouve un simili de complicité qui existait entre Robertson et Gorham. Cela dit, cela doit être beaucoup plus facile de travailler avec un type comme le Damon beaucoup plus malléable et prévisible que l'impétueux Ecossais.

    J'adore ce cinquième morceau intitulé Cold War Love qui fait, de par son rythme, légèrement penser à The Sun Goes Down de Lizzy. Très lizzien dans l'approche vocale et de par la subtilité de sa conception (petit riff lancinant qui gouverne toute la structure du titre), Cold War Love est, outre ces aspects, gorgé d'émotion et de feeling. J'en ai la chair de poule à chaque fois que je l'écoute.

    Le titre suivant, nous l'avions déjà entendu avant la sortie de l'album. Bien rythmé et accrocheur (ça ne m'avait pas tant marqué que ça au départ mais là, c'est l'évidence, c'est un très bon morceau qui s'apprécie avec le temps même si malgré tout un peu complexe dans sa structure et ce, malgré les "Testify" à répétition).

    Basse vrombissante et batterie percutante constituent le point de départ de ce morceau ô combien travaillé intitulé Thinking About You Could Get Me Killed. Ponctué d'un refrain facile à retenir, Johnson nous gratifie d'un solo haut en couleur et d'une subtilité rare. Les soli d'une subtilité rare, seul Lizzy savait les exécuter (allez-y, vous pouvez tirer à vue....) et l'ami Damon est allé à bonne école. J'aime vraiment bien ce guitariste qui, avec le temps, est devenu l'un des piliers du groupe. Gorham lui ? Il se repose....

    True Blue Kid est pour moi le morceau peut-être le plus fade de l'album. Débutant sur un phrasé à la Genocide déviant très très rapidement sur un Gettin' Betta de Pat Travers pour finalement se fixer sur un mid-tempo où Warwick répète à pleins poumons "True Blue Kid", le titre ne possède pas à mes yeux de réelle accroche et ce, malgré une volonté de bien faire.

    Ticket To Rise : tentative pitoyable de jeu de mots avec le célèbre titre des Fab Four car force est de reconnaître qu'il n'en a ni le panache ni la saveur. Je ne sais pas où le groupe a recruté les choeurs féminins mais il faudra qu'il en change au plus vite tant certaines vocalistes sont dotées de voix qui pourraient s'apparenter à des crécerelles sur le point de copuler. Un peu comme celle d'un Axl Rose au féminin....Un morceau pas forcément essentiel et qui fait suite à un autre titre pas fondamental non plus.

    Letting Go Of Me est le seul titre composé par Warwick. Ca percute bien et surtout c'est bien amené. Accrocheur à souhait, Letting Go Of Me nous montre à quel point notre ami est doué dans le processus de composition. Ce qui laisse entrevoir des perspectives réjouissantes et encore plus ambitieuses ("Allez, chut, Phil, tais-toi !!!!!!!!!!!") pour le groupe qui, soi-disant, n'avait pas d'avenir comme précisé au début de cette chronique.

    L'édition limitée comprend un bonus track intitulé Fade assez quelconque (un peu "bateau" pour être plus clair) mais agréable à l'écoute. Ceci dit, on peut être horripilés par les "na na na" scandés par les choeurs féminins (p*****, faut qu'ils les virent tellement c'est mielleux....). Voilà, je le crie haut et fort : "par pitié, je ne veux plus de choeurs "à la à la mords-moi le noeud" dans vos compos, les mecs". C'est juste là, le point négatif concernant Heavy Fire qui s'avère être un excellent album peut-être "transition" lorgnant vers quelque chose qui sera encore plus ambitieux de façon à franchir un cap pour ce groupe vraiment talentueux.



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    Re: Black Star Riders

    Message par Phil le 3/8/2017, 02:00

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    Re: Black Star Riders

    Message par Phil le 5/8/2017, 15:34

    Y a un mec sur Facebook qui affublé BSR de "charognards" et de "balochards"... Very Happy
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    Re: Black Star Riders

    Message par John le 5/8/2017, 15:38

    On parle bien du groupe qui a préféré perdre 60% de son fric mais rester dignes en changeant de nom, et qui aujourd'hui ne joue plus qu'un seul Lizzy (2 en festival) sur presque 20 titres? Very Happy

    3 très bons disques, c'est même étonnant la qualité qu'ils produisent à ce rythme, un peu comme Europe par exemple.

    Je serai sur la tournée UK même si je regrette le départ de l'excellent De Grasso (le successeur est très bon aussi donc pas de souci).

      La date/heure actuelle est 24/9/2017, 03:27